L’intention
Tout a commencé en 1999. C’est d’abord la pochette mauve qui a attiré mon regard. Puis j’ai pris l’album dans les mains, et j’ai distraitement parcouru la double tracklist. Un morceau intitulé Purple people ? Il me fallait cet album.
En fait, non — tout a commencé deux ans plus tôt. Je découvrai Little Earthquakes par un après-midi pluvieux, quelque part en Allemagne. Suite à cette première écoute, Girl avait passé la nuit avec moi, enfoncée profondément dans ma tête.
And from the shadows she comes…
Ce n’est véritablement qu’avec to venus and back que j’ai découvert la musique de Tori Amos. Surtout, avec le deuxième disque, live : still orbiting. J’ai été subjuguée — et je le suis encore — par l’énergie de l’artiste sur scène, par son talent monstrueux qui métamorphose chacune de ses chansons dès qu’elle retentit dans une salle de concert, comme dopée sous l’effet de l’instant. Découvrir Sugar, Precious Things ou The Waitress, jouées live en 1998, a sans doute été le plus gros choc musical de mon adolescence.
Si vous ne connaissez pas encore la musique de Tori Amos, et si vous ne devez écouter qu’un seul disque, écoutez n’importe quel bootleg de 1998 ou 1999 pour vous faire une idée.
She’s been everybody else’s girl
Moi, c’est vraiment des chansons dont je suis fan. Bien sûr, j’ai une affection relative pour la femme qui les a écrites, mais ce sont vraiment les chansons avec qui j’ai de l’affinité. Elles ont été plus présentes dans ma vie que tous mes amis réunis. Elles m’ont chuchoté des mots que je n’avais pas la force d’écrire, et m’ont fait comprendre des choses sur moi-même que je refusais d’accepter. Elles m’ont inspirée plus que tout autre chose, et m’inspirent encore chaque jour.
J’ai souhaité dédier un site à Tori Amos, à sa musique et à son univers, avec la volonté de lui rendre un hommage critique, mais aussi de faire découvrir sa musique. Je n’ai pas la prétention de couvrir l’intégralité de sa carrière — je ne suis pas une collectionneuse — mais j’ai envie de parler principalement de ses disques et de ses chansons, ainsi que des sources dans lesquelles Tori puise son inspiration, notamment des personnes qui l’entourent et qui ont un impact plus ou moins direct sur sa musique.
Créer un fansite de plus dédié à Tori Amos peut sembler soit monomaniaque, soit vain, soit les deux. Pourtant, vingt ans après la sortie de Little Earthquakes, il est frappant de constater que le web francophone est quasiment vide de toute information, de toute traduction, alors que je sais ses fans français, belges ou québécois tout aussi dévoués que les autres. Il est temps que cela change.
La tâche est ardue, et ma passion trop grande.
Maybe one day she’ll be her own
Hier après-midi, Star Whisperer a leaké. Bien que j’essaie de ne plus user les chansons jusqu’à la moelle, je n’ai pas pu m’empêcher de l’écouter 5 ou 6 fois de suite. Le piano semble de retour, bien qu’il ne soit jamais parti ; la voix, fragile, évoque des horizons nouveaux. Et la composition elle-même surprend, grâce à des breaks longs et mouvementés, qui meurent sur les paroles Then I heard you scream From the other side of the mountain
.
Douze ans plus tard, j’ai la sensation que chaque chanson de Tori Amos est un écho de nos propres pensées. Comme des amies soniques. Comme un petit recueil de poésie musicale. Comme un porte-au-loin vers soi, qui console, éveille et inspire.
Marie, septembre 2011
L’équipe de Tori Amos France
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