Le jour où j’ai re-rencontré Tori Amos

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Tori Amos et moi, à Paris, le 24 octobre 2012

Tori Amos et moi, à Paris, le 24 octobre 2012

Le contexte

J’écoute la musique de Tori Amos depuis 13 ans. Jusqu’à ce mois d’octobre 2012, je n’avais jamais osé provoquer une rencontre. Aujourd’hui, si je fais le calcul, je l’ai rencontrée deux fois en trois semaines. Un truc de dingue !

La vie est pleine de surprises, et il arrive que celles-ci soient bonnes !

Fin de semaine dernière, je reçois un email via le site de Nathalie, l’attachée de presse française de Tori, qui travaille pour la filière classique d’Universal Music. Elle me dit, laconique, qu’elle aimerait qu’on s’entretienne de vive voix à propos de la promo de Gold Dust.

J’imagine qu’elle s’apprête à me demander une chronique de l’album, peut-être, chose que j’étais évidemment prête à faire, et plutôt deux fois qu’une !

Mais il n’en sera rien. Mardi soir, nous réussissons enfin à nous joindre par téléphone, et Nathalie replace le contexte de la promotion de Gold Dust, qui malheureusement ne s’accompagne d’aucun concert de Tori Amos en France en 2012, et dont on n’entend que trop peu parler en France.

D’où son idée de permettre à deux ou trois fans français de rencontrer Tori, le lendemain soir, pendant une dizaine de minutes, juste avant l’enregistrement de l’émission « C à vous » sur France 5. L’objectif est de saluer Tori, de lui faire dédicacer quelques disques et de prendre quelques photos.

Nathalie m’enjoint à inviter un ou deux autres fans, que je sais aussi respectueux que moi et aussi passionnés par Tori, afin de rendre la rencontre encore plus conviviale. Je pense immédiatement à Mina et à Cécile, mes consœurs toriphiles dont les sites web géniaux complètent en tout point le mien, mais aussi à Tatiana, ma sœur, avec qui j’ai rencontré Tori pour la première fois à Bruxelles début octobre.

Le rendez-vous est pris pour mercredi soir, 18h30, du côté de République.

Après avoir raccroché, j’ai deux réflexes : le premier, c’est de sauter au plafond. Le second, c’est de contacter les trois dames pour leur proposer de se joindre à moi dans cette aventure. Seule Cécile réussit à poser un congé minute et à attraper un billet de train Prem’s en vol pour monter à Paris ! Nous serons donc deux.

Mélusine

H-1. Je stresse comme pas permis, je respire profondément et vérifie, de tête, que je n’ai rien oublié : les livrets de Pele et Choirgirl (que j’espère vraiment ramener dédicacés cette fois-ci), mon iPad (pour montrer mon site à Tori), mon appareil photo, ainsi que mon vieux dictaphone. Un peu overkill, je sais, mais on n’est jamais à l’abri d’un scoop !

Cécile et moi nous retrouvons au point de rendez-vous. Tori est encore en train de faire la balance pour l’émission. Nous patientons encore un peu, avant que Nathalie et son assistante, Natacha, nous accueillent, tout sourire, et nous font entrer dans la grande cour d’un immeuble chaleureux.

Elles nous briefent sur la rencontre imminente avec notre idole, nous rappellent que l’entrevue ne durera que dix minutes car le planning de Tori est serré.

Et puis tout à coup, on nous dirige vers la loge de Tori. Comme ça ! Mon cœur est alors sur le point d’exploser – mais comme il avait déjà explosé à Bruxelles, je le sais solide. J’aperçois le minois de Tori à travers la porte-fenêtre, et, déjà, mes pieds ont quitté terre.

Nous pénétrons dans la grande loge lumineuse. Dans un coin se trouve un véritable miroir de star, entouré d’ampoules, ainsi qu’une coiffeuse jonchée de tubes de maquillage, de brosses et d’une boisson Starbucks. Au centre de la pièce, trois canapés disposés en forme de U, autour d’une table basse.

Tori, radieuse, se tient debout et me demande : « Are you Marie? » en me tendant la main. Et moi de sourire bêtement, en articulant tant bien que mal une réponse. Cécile et moi nous installons sur le canapé, en face de la musicienne.

Cécile, pas intimidée pour un sou, commence à parler. J’entends parler de Lynch, de femme fatale et de journalisme ; moi, je suis ailleurs, le regard plongé dans les belles boucles rousses de mon idole, qui se tient à un mètre de mois, souriante, concentrée mais détendue. Il faut dire que l’exercice lui est familier !

Quelques notes de Tori Amos

Quelques notes de Tori Amos (24 octobre 2012)

Tori s’enquiert de nos métiers, nous lui parlons du web et de ce qu’il nous a apportés, personnellement et professionnellement. Et puis la discussion dérive très rapidement sur Mélusine. Tori nous vante les mérites de Possession, un roman de Antonia Susan Byatt, qui traite de Mélusine, et qu’elle a personnellement adoré.

Nous continuons à parler littérature, fées et musique ; Tori nous parle d’une de ses chansons, Undine, inachevée mais d’ores et déjà habitée par la célèbre fée. Cette réflexion, nous dit Tori, a également nourri l’écriture de The Light Princess, dans laquelle il y a une tension œdipienne entre une fille et son père, mais aussi entre un fils et son père. Son objectif était de transcrire cette nouvelle du 19e siècle en une fable susceptible de toucher les jeunes filles et les jeunes femmes d’aujourd’hui.

Sans trop savoir comment, je parle à Tori de la Bretagne, et de sa tradition féerique : Brocéliande, Merlin, Viviane… J’évoque mon amour pour la mer, et, sans doute dans un anglais maladroit, la présence d’une force quasi-surnaturelle qui y règne, et qui pourrait peut-être l’inspirer. Tori note le mot « Brocéliande », s’essaie à le prononcer.

Je suis dans un rêve, et je vais me réveiller.

Je me réveille en effet quand je vois la silhouette gracile de Nathalie qui pénètre à pas de loup dans la loge, me rappelant soudain que l’instant est éphémère.

Pourtant, Tori nous garde encore un petit quart d’heure, et nous continuons à discuter. La demie-heure qu’elle nous consacrera en tout file à une allure dramatique. L’artiste est curieuse, bavarde, elle nous pose pleins de questions, s’intéresse à chacun de nos mots, fixe ses grands yeux clairs dans les nôtres, intenses.

Et puis le moment de se séparer arrive. Elle nous propose de prendre quelques photos, ce que nous acceptons avec plaisir. Hyper professionnelle, elle nous dirige et prend la pose. Pendant ce temps, livrets, iPad et dictaphone restent dans l’ombre.

Merci !

Nous remercions Tori du fond du cœur pour le temps qu’elle nous a accordé. Puis elle nous remercie à son tour, nous dit qu’elle a vraiment apprécié de nous rencontrer, et – tenez-vous bien – demande à Nathalie de nous inscrire dans ses contacts presse, afin, peut-être, de nous convier à la première de The Light Princess à Londres, réservée aux journalistes ! *_*

Est-ce que quelqu’un peut me pincer s’il vous plaît, car je rêve les yeux grands ouverts !

Finalement, c’est le froid de la cour qui finit par me réveiller, même si je rechigne à descendre de mon petit nuage. Nous apprenons par Nathalie que le passage de Tori sur France 5 aura lieu vers 20h. La suite, vous la connaissez !

Un grand merci à Nathalie, pour nous avoir donné cette occasion unique de rencontrer Tori, et un immense merci à Tori, qui nous a accordé tant de temps, nous a écouté avec une patience d’ange, et nous a impressionnées par son attitude bienveillante et chaleureuse… comme toujours ! ♥

Cécile, Tori et moi

Cécile, Tori et moi.

8 commentaires

  1. Un dernier coup d’oeil à Toriamos .fr avant le dodo boulot … et de beaux rêves en perspective !
    Merci Marie c’est comme si j’y étais !
    Je te confesse une pointe de jalousie mais c’est tellement mérité pour ton travail que j’imagine colossal pour ce site génial !
    A bientôt !

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  2. Je n’ai pas assez de mots…ce qui t’arrive, Marie, est tout simplement extraordinaire.
    J’ai l’impression que la notion de temporalité n’a plus court; et puis ces choses que l’on prévoit de faire ou de dire…et rien ne se passe comme prévu.
    J’ai beaucoup de respect pour la sincérité de tes propos, le chemin est là, à toi de l’emprunter sans nous oublier bien sur modestes fans (pour ma part pourtant si éloigné de tout cet univers d’artistes!) mais réunis par la grâce de Tori.
    Merci en tout cas pour ces nouvelles émotions pourtant déjà comblées après le concert de Bruxelles.

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    • Salut Olivier !

      Merci pour ce chouette commentaire :-) En effet, j’essaie de partager humblement et honnêtement ma passion pour la musique de Tori.

      Parfois je regrette presque d’avoir intitulé mon site « Tori Amos France » car, outre le fait qu’il n’y a là aucune poésie, cela fait peser une petite pression sur mes épaules. Je partage juste mon point de vue de fan avec d’autres fans.

      (Ah, toujours ces interrogations existentielles ! ^^’)

      En tout cas merci pour ta présence et pour tes mots ! :-)

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  3. hé bien , quelle chance vous avez eu . J’imagine l’excitation ect….
    C’est un moment unique et une belle preuve que Tori pense à nous . Pour revenir à çà , elle nous l’avez bien prouvé à Bruxelles , recevoir ses fans pendant 2h30 pour échanger avec eux , peu d’artistes le font .
    Pour ma part , je l’ai déjà dit mais je n’oublierai pas sa sincérité quand elle a vu mon boulot , son « wow it’s so beautiful !  » restera à jamais.
    bien à vous mesdemoiselles,
    gardez ce souvenir bien gravé dans votre cœur ,

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    • Salut jaybees !

      En effet, « quand on aime, on ne compte pas » – et c’est valable pour nous autres Toriphiles mais également pour Tori, qui nous donne tellement, à chaque fois.

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  4. Je suis surtout heureux de voir qu’un travail passionné puisse impacter l’agenda d’une artiste overbooké (sans doute un peu trop!) J’ai pour habitude de privilégier les document musicaux, néanmoins à travers toi j’ai la sensation que le public est respecté . Enfin j aimerais bien un mini concert dans une grande enseigne ou comme les stones dans un club à un tarif réduit!

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    • Salut Frédéric ! Merci pour ton commentaire :-)

      Je pense que j’ai eu un énorme coup de bol, néanmoins Tori prend toujours le temps de rencontrer ses fans, non seulement avant ses concerts (et même parfois même après ! comme en a témoigné Olivier lors du dernier concert de Tori à Bruxelles), mais aussi avant certaines émissions, ou au hasard de la vie… Elle n’est pas du tout du genre à snober, et est connue pour avoir pris sur son temps libre pour signer des autographes alors qu’elle faisait tranquillement du shopping avec sa fille (bon, là, je trouve que les fans abusent, mais ce n’est que mon avis !).

      Donc, oui, le public de Tori est pris très au sérieux et très respecté. Même si elle n’est plus vraiment sur le devant de la scène, médiatiquement parlant, sa fanbase est toujours monumentale. Et c’est intéressant de voir que, même si les années passent, non seulement les « vieux » fans sont toujours là et en redemandent, mais il y a aussi de nouvelles générations qui ont découvert sa musique sur le tard, et qui sont tout aussi fous que nous ! (Tu m’excuses, je nous mets dans la catégorie des « vieux », mais c’est affectueux ^^)

      Et je plussoie à 300% pour le mini concert à tarif réduit comme les Stones (que j’adore aussi, mais ça c’est une autre histoire !).

      Au plaisir de te lire !

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