Bruxelles, 2 octobre 2012. Sixième concert de Tori Amos auquel je vais avoir la chance d’assister. Je me souviens, presque avec douleur, de l’ouverture des réservations, de cette matinée de stress, rivée derrière mon écran. Ma ténacité a fini par payer, et j’ai réussi malgré tout à arracher deux places au cinquième rang.
Quelques jours avant le concert, j’apprends que le Thalys que je comptais prendre pour rentrer à Paris ne circulera pas. En deux temps trois mouvements, je réserve un trajet en bus Eurolines, sans enthousiasme.
Au matin du 2 octobre, fraîchement arrivée en gare de Bruxelles midi, les galères s’enchaînent. Le temps est dégueulasse, et la matinée, morne, ne présente que peu d’intérêt.
Le Meet and Greet
Tout change lorsque je retrouve ma sœur Tatiana en début d’après-midi et que nous nous dirigeons, après une pause déj’ salutaire chez Exki, vers les Bozar, en quête du Meet and Greet.
Il n’y a jamais d’endroit ni d’horaire prédéfinis pour un M&G : on ne peut compter que sur son flair et sur les retours d’expériences des Toriphiles qui ont rencontré Tori la veille et qu’ils partagent sur Twitter. (J’avais détaillé tout ça dans un article consacré aux Meets and Greets, si jamais.)
Après avoir arpenté le quartier en long, en large et en travers, je repère, au pied des Bozar, une file bariolée de joyeux lurons qui semblent attendre quelque chose… ou plutôt quelqu’un. Ni une, ni deux, nous descendons les rejoindre et nous prenons place à la queue-leu-leu, sans grand optimisme car il y a une bonne trentaine de personnes avant nous, et comme il est déjà 15h passées, et que le M&G a commencé depuis quarante minutes, il nous semble quasiment impossible d’avoir la chance de rencontrer Tori cette fois-là.
Mais il s’agit de notre tout premier Meet and Greet, et notre excitation est à son comble quand nous apercevons, à travers la vitre, la célèbre chevelure rousse !
Pendant l’attente, nous sympathisons avec Nicola, grand fan de Tori lui aussi, et avec qui j’avais eu l’occasion de discuter à travers mon site. C’est vraiment génial de mettre un visage, une voix, sur un prénom croisé sur Internet ! (J’aurai aussi la joie de rencontrer Mina plus tard dans la soirée.) Nous échangeons sur les précédentes setlists bruxelloises et parisiennes, sur Midwinter Graces, sur Photoshop…
Mais le temps passe et la file n’avance pas vraiment. Je sens au fond de moi que les livrets de Choirgirl et de Pele que j’avais emportés avec moi resteront vierges. Je me désolidarise de la file d’attente, et je lève bien haut mes grands bras pour voler quelques photos de Tori, en pleine discussion avec un fan.
C’est un peu le problème, en fait. Certains fans suivent Tori en tournée et fréquentent les Meets and Greets depuis tant d’années, qu’une véritable relation s’est instaurée entre la musicienne et eux. Ils papotent donc pendant longtemps (jusqu’à un quart d’heure par personne…). Et certains, culottés, n’hésite pas à rallonger la sauce en demandant à ce qu’une nouvelle photo soit prise, s’ils jugent que la précédente n’est pas assez bonne !
Pendant ce temps, les autres Toriphiles – dont ceux pour qui, comme moi, c’est la première fois –, attendent dehors, excités et un peu angoissés de ne pas pouvoir rencontrer Tori faute de temps cette fois-ci… Vous vous rappelez quand j’ai parlé de fair play ? Voilà, c’est de ça dont je voulais parler. (Et encore, on n’a pas eu droit aux fans hystériques qui grugent en toute impunité. Un grand dadais a bien essayé, à un moment, mais il n’était pas hystérique et s’est fait gentiment refoulé à la fin de la file. Na.)
Mais comment reprocher à un Toriphile de vouloir passer le plus de temps possible avec son idole ?
Soudain…
Tout à coup, les choses s’accélèrent. Le manager de Tori nous annonce qu’il ne reste plus que 15 minutes avant la fin du Meet & Greet, et que pour faire passer tout le monde, désormais ça sera juste une photo par personne, sans pouvoir discuter avec Tori.
Nicola, Tatiana et moi ne nous démontons pas, et comme nous ne sommes plus qu’à cinq personnes de rencontrer Tori, nous y croyons de toutes nos forces.
Et, avant que j’ai pu dire « ouf », je suis face à Tori, qui me regarde avec ses grands yeux clairs, et nous salue d’un « Hi, ladies! » hyper classe.
Est-ce que Tori Amos, THE Tori Amos dont j’écoute passionnément les disques depuis 15 ans, vient juste de nous adresser la parole ?!
Tori me demande mon prénom, pile au moment où je ne sais plus ni comment je m’appelle, ni où je suis, et encore moins dans quel état j’erre. Je tends mon petit appareil photo à son manager, Tatiana et moi prenons place à côté d’elle, et voilà, c’est déjà fini. Pas le temps de discuter, de réaliser, qu’une autre personne a déjà pris notre place. J’ai les jambes qui flageolent, et le cœur qui bat à 100 à l’heure. OMG.

Le jour où j’ai rencontré Tori Amos. Meet & Greet de Bruxelles, 2 octobre 2012. Tatiana, Tori et moi.
Tori est magnifique. Rien à voir avec les retouches photo calamiteuses auxquelles Gold Dust n’a pas coupé. Évidemment, petit regret de ne pas avoir pu lui parler, car j’aurais eu une ou deux choses à lui dire. Ça sera pour la prochaine fois !
Je suis extrêmement reconnaissante et admirative qu’une artiste de sa trempe prenne toujours le temps, 20 ans après, de rencontrer et d’écouter ses fans, jusqu’au dernier. Merci Tori ! ♥

Marie ton article est très touchant .
Vous êtes superbes toutes les 3 sur la photo que tu as la gentillesse de partager avec nous Toriphiles .
Merci Kiki !
Comme je t’envie! et comme je suis heureux pour toi! et pour nous, fans de Tori!
Tes émotions sont palpables dans ton écrit! J’ai vécu cela lors de son passage au Zénith de Paris après la sortie de The Beekeeper… je me souviens de ce verre de vin rouge partagé avec elle juste avant le concert… une femme, en dehors du star system, simple, belle, souriante, patiente, charmeuse, disponible, humble…la liste pourrait être longue… un TRES grand moment!
Bises, et encore bravo pour la qualité de ton travail…
Salut Baltha !
Partager un verre de vin avec Tori doit être une expérience inoubliable ;-) Dans quel contexte est-ce arrivé ?
Merci pour tes compliments, au plaisir de te lire !
Merci pour ces détails et la photo surtout. En effet, elle dépote toujours autant… Merci !
Merci à toi de me lire et de commenter :)
C’est la über-klass. Jaloux je suis.
^_^
merci de nous faire partager ta rencontre avec Tori c’est émouvant et passionnant a la fois.
Bravo.
Merci à toi de me lire et de commenter ! :-)
Ton billet est très touchant, j’imagine le petit coup d’adrénaline que tu as eu ;)
Ton site est vraiment super en tout cas, merci pour les news, photos, vidéos. Bonne journée !
Merci de me lire, et merci pour tes compliments, Cécile ! Cela me fait très plaisir.
Dommage que je ne savais pas que tu étais au Meet à Bruxelles, j’aurais bien aimé te rencontrer.
Tori était très bavarde et posait pleins de questions aux fans, c’est pourquoi cela n’avançait pas vite. J’espère que tu auras le temps de lui parler la prochaine fois.
Bonjour Deborah, merci pour ton commentaire ! Je suis très heureuse de te lire.
J’espère aussi avoir l’occasion de te rencontrer lors d’un prochain M&G ! :-)
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