Message de Marie : aujourd’hui, je laisse la plume à Olivier, Toriphile coutumier de Tori Amos France, qui a eu la chance, avec sa compagne Fanfan, de rencontrer Tori Amos le week-end dernier, pendant le Caprices Festival à Crans-Montana. Olivier nous raconte ici cette rencontre ainsi que le concert que Tori a donné plus tard dans la soirée. Bonne lecture ! :-)
Avant de laisser couler mon cœur de Toriphile, je tiens à associer ma compagne, sans qui cette passion ne saurait exister, et laisser grandir ce ToriCloud qu’elle a imaginé pour nous…
Il y a quelques mois à Bruxelles, nous étions restés sur cette image d’après concert où nous avions tout juste approché Tori. Pour ce dimanche à Crans-Montana, je ne voulais pas forcément m’attendre à quelque chose de plus ou de mieux… J’aurais dû me méfier car jusqu’ici la Suisse nous avait déjà réservé son lot d’émotions ce 14 juillet 2010 à Zurich.
Nous prenons en ce début d’après midi la direction du Caprices Festival. De la route qui surplombe le tube blanc de la scène « The Moon » résonne une voix familière : Tori est en train de chanter, les balances ont bien commencé.
Nous pressons le pas et atteignons l’entrée encore fermée mais occupée par une quinzaine de festivaliers. Sont-ils là pour Tori ? La réponse est oui, après un peu d’hésitation j’engage le contact et fini par tomber sur un petit groupe de fans français ! Ouf, je vais peut être me dispenser de parler mon affreux anglais… Mais pas pour longtemps !
L’interminable soundcheck se termine, le temps passe et nous voilà au bord de notre premier Meet and Greet.

Tori Amos rencontre ses fans lors du Meet and Greet de Crans-Montana, en Suisse, le 10 mars 2013 pendant le Caprices Festival. (Photo : Olivier Brunel)
Quand arrive notre tour, plus moyen de reculer, la sensation est grisante, plus de notion de temps, on se laisse emporter… Je me surprends à pouvoir parler à Tori, ma compagne aussi en mieux, l’émotion montant elle se retrouve dans les bras de Tori ! On approche de la conclusion et j’arrive à glisser une special request qui éclaire le visage de Tori.
Aurais-je tapé dans le mille ?
Peut être mais pas pour ce soir, Tori me fait comprendre qu’elle le jouera l’année prochaine comme une sorte de rendez-vous donné…
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, j’avais eu l’occasion d’afficher mon scepticisme quant aux fameux Meet and Greets. Plus d’hésitation, ce n’est même pas une question de chance, le jeu en vaut la chandelle si on s’en donne la peine.
Comme un rite de passage, un Meet and Greet appelle un autre Meet and Greet…
Rencontrer Tori est unique, c’est évident mais rencontrer d’autres fans vaut son pesant… Une montagne de bises à Julie, Xavier rencontrés ce dimanche et une pensée pour cette fan brésilienne toute émue et touchante qui aura droit par Tori à son special request pour une personne qui vient de loin…
Ouf, un Meet and Greet de passé et le concert du soir à venir !
Après une bonne pause casse-croûte et quelques verres de fendant (excellent petit vin blanc du Valais suisse), nous retournons au Caprices.
Il est 22h passé, Roger Hodgson se produit, je me revois presque 25 ans en arrière à écouter Supertramp période School… Une heure plus tard, les Toriphiles acclament leur muse.
Tori investit la scène dans une de ses tenues de déesse loin des « pyjamas » période Deutsche Grammophon. Le teaser de Caprices la dépeignait comme une « rousse incendiaire qui excelle dans l’art de livrer des prestations touchées par la grâce ».
Cette grâce, Tori nous la livre d’emblée avec Bouncing Off Clouds et ne la quittera plus jusqu’à la fin. Merveille à la fois de simplicité et de lyrisme, cette version 2013, au rythme plus lent, est l’un des moments forts de cette soirée. Marie, tu l’as souligné, la setlist est haute en couleurs, personnellement c’est certainement la meilleure que j’ai vécue !
Trois piliers du répertoire ont été magnifiés : Little Earthquakes, Crucify, et Precious Things qui clôture le concert avant les rappels avec pour la peine un son, un éclairage et un giiiirrrrl… au top !
Les covers sont particulièrement à l’honneur : pas moins de cinq (sans compter l’accroche terrifiante du Tubular Bells de Mike Oldfield), dont Runnîng Up That Hill ♥♥♥, Personal Jesus/Body And Soul ♥♥, Smells Like Teen Spirit ♥♥♥, Lovesong ♥♥♥, Running To Stand Still ♥♥…
Personnellement, j’aurais pu être sensible à d’autres covers mais ça sera j’espère pour une prochaine fois.
Tori solo, mais magnifiquement partagée entre le Bosendorfer « impérial » et le « modeste » Yamaha S90. Ce clavier est justement posé sur certains titres et met d’autant plus en valeur Bösie : accent Wurlitzer sur Caught A Lite Sneeze, jeu de cordes sur Concertina, et sonorité vibrante avec mix de guitare et clavecin sur Roosterspur Bridge ♥♥♥♥.
Au chapitre « surprises » : le premier rappel avec Mountain que je ne connaissais pas !
Conquis par la simplicité et la voix de Tori jusqu’à la superbe extinction de note finale… Bravo Tori… Et Mr Hawley ! Voire Caprices…
À propos du coup de théâtre des « slips oranges » : Tori, entraînée par le Power Of Orange Knickers, qui en oublie les paroles et nous livre un sketch délirant autour d’un iPhone – trouvé ou volé selon le moustache policeman –, puis Tori vociférant des Fuck… et Fucking… et pointant un doigt bien haut… La classe quoi ! À visionner d’urgence sur YouTube !
Voilà, j’oublie de commenter certaines chansons, non pas qu’elles ont démérité, mais difficile de choisir. Allez une petite dernière pour les mordus de YouTube qui ont trouvé sur Caught A Lite Sneeze une analogie avec Lights d’Ellie Goulding : écoutez les calling, calling vers 4’30 et 4’50, c’est troublant, probablement le hasard mais « ça a joué » (équivalent suisse de « ça le fait »).
Je n’arrive pas à décrocher la plume comme si je voulais encore rester avec le souvenir de Tori…
Merci pour tout Tori, on a hâte de vivre de nouvelles aventures !
Olivier et Fanfan